
Si le punk a cassé un certain nombre de choses, en revanche il n’a rien changé à la structure musicale classique couplet/refrain et encore moins à la forme conventionnelle du concert rock dans son rapport scène/salle. C’est sur ce constat que Christophe Demarthe crée en 1981 son groupe, Clair Obscur, qui ne cessera jamais, dans ses apparitions iconoclastes, de s’attaquer aux schémas établis de la représentation scénique. Lorsqu’il fonde Cocoon en 2004, en transfuge de la scène cold wave/indus, il ne peut qu’à nouveau relever l’ensemble des codes qui unissent la musique électronique à une œuvre expérimentale. Ces codes, ces schémas (qui par bien des côtés rejoignent ceux d’une certaine tendance de l’art contemporain) serviront de base, de terreau et de réflexion aux apparitions scéniques du projet Cocoon.
Bien plus qu’un simple objet sonore basé sur un concept d’album, Cocoon se lit comme un projet artistique global. Le spectacle “We need a volunteer” se présente d’abord comme un concert de musique électronique classique, avant de devenir, par un jeu de glissements successifs, un spectacle de l’ordre de la performance, qui fait appel de manière active au public en bannissant l’écoute passive caractéristique des laptopers. Le dispositif scénique mis en place dénote avec l’immobilité caractéristique des prestations concerts de musique électronique et s’inscrit définitivement au croisement de l’image, du son et du spectacle vivant, pour une transdisciplinarité modulable.
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